Depuis son lancement en 2014, le Tether (USDT) occupe une place centrale dans le trading de cryptomonnaies. Premier stablecoin d’envergure, Tether est un stablecoin indexé sur le dollar américain. Il a apporté aux utilisateurs de la blockchain une forme de stabilité qui n’existait pas encore à cette échelle lors de son lancement.
Bien que de nouveaux stablecoins aient depuis été introduits sur le marché, l’USDT conserve une capitalisation boursière supérieure à 183,41 milliards de dollars américains et reste le plus grand stablecoin selon ce critère. Pour un investisseur basé en France, l’USDT reste toutefois un actif libellé en dollar : sa valeur en euros varie donc avec le taux EUR/USD. Son accès peut aussi évoluer dans l’Union européenne avec MiCA, le règlement européen sur les marchés de crypto-actifs, qui impose des exigences spécifiques aux émetteurs de stablecoins et aux prestataires qui les distribuent. Les sections ci-dessous présentent le rôle de l’USDT sur le marché crypto et les éléments que les traders doivent connaître avant de l’utiliser.
Comparaison détaillée des 5 meilleures plateformes de trading pour l’USDT
| Échange | Pièces échangeables | Frais de fabricant/preneur | Taux d'intérêt | Service de portefeuille | Staking | Levier maximum | Taille de l'ordre | Méthodes de paiement | Régulateurs | Évaluation Trust Pilot |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1. PrimeXBT | + de 60 | 0,02 % / 0,01 % | N/C | Oui | Non | 1:200 | Variable | Cartes de crédit, Cartes de débit, Crypto, VOLET, Promptpay, Perfect Money | Service d'enquête sur les crimes financiers (FCIS), Lituanie | 4,4 ⭐ |
| 2. Bybit | + de 1 300 | Crypto/Crypto trading spot - 0,1 % / 0,1 % ; Crypto/Fiat - 0,2 % / 0,15 % | Quotidien - 0,01552946 % ; Annuel - 5,67 % | Oui (Autoconservation) | Oui | 1:200 | Variable | Cartes de crédit/débit, Virement SWIFT, Virement bancaire, PIX, SEPA, Zen.com, iDEAL, BLIK | VARA (Dubaï), CySEC (Chypre), AFSA (Kazakhstan) | 1,5 ⭐ |
| 3. Binance | + de 500 | Utilisateurs réguliers - 0,1 % / 0,1 % | Horaire - 0,00115442 % ; Annuel - 10,11 % | Oui (Autoconservation) | Non | 1:125 | USDT/USD - 1 $/€ | Carte de crédit/débit, Virement bancaire, iDEAL, Portefeuilles numériques, Crypto | AMF (France), OAM (Italie), FIU (Lituanie), BoS (Espagne), FSA (Suède), AIFC (Kazakhstan), FSRA (Abu Dhabi), CBB (Bahreïn), VARA (Dubaï), AUSTRAC (Australie), JFSA (Japon), BAPPEBTI (Indonésie), FMA (Nouvelle-Zélande), SEC (Thaïlande), SFCA (Afrique du Sud), SAT (Mexique), CNAD (El Salvador) | 1,4 ⭐ |
| 4. Kraken | + de 260 | Kraken Pro - 0,25 % / 0,40 % | Frais d'ouverture - 0,02 %, Frais de renouvellement - 0,02 % toutes les 4 heures | Oui (Autoconservation) | Oui | 1:50 | 10 USDT | Visa, Mastercard, PayPal, Virement bancaire, Etana Custody, Apple Pay, Google Pay, Crypto | FinCEN (États-Unis), FINTRAC (Canada), FCA (Royaume-Uni), FSRA (Abu Dhabi), AUSTRAC (Australie), CBI (Irlande), DNB (Pays-Bas), BoS (Espagne), OAM (Italie), CBB (Bahreïn), VARA (Dubaï), BAPPEBTI (Indonésie), SEC (Thaïlande), SAT (Mexique), CNAD (El Salvador), Enregistré comme FSP en Afrique du Sud | 1,4 ⭐ |
| 5. KuCoin | + de 900 | 0,005 % - 0,1 % | Frais de service de 5 % | Oui (Garde en dépôt) | Non | 1:100 | Variable | Carte de crédit/débit, Virement SEPA, Virement bancaire, ApplePay, GPay, Revolut, PaySera, Skrill, Advcash, Interac, et plus | SFSA (Seychelles), FIU (Inde) | N/A ⭐ |
Les meilleures plateformes pour acheter et échanger des USDT
Binance
Fondée en 2017, Binance affichait un volume de trading quotidien moyen supérieur à 72,9 milliards de dollars, ce qui en fait l’une des plus grandes plateformes d’échange de cryptomonnaies en volume en 2025. Binance publie aussi des informations de conformité dans plusieurs juridictions, notamment auprès de la JFSA (Financial Services Agency of Japan), de la CNAD (Comisión Nacional de Activos Digitales) et de la VARA (Dubai Virtual Assets Regulatory Authority). Pour un résident français, ces références internationales doivent être complétées par la vérification de l’entité contractante et de son statut auprès de l’AMF/ACPR ou dans le cadre MiCA applicable.
Les traders de Binance ont accès à plus de 500 cryptomonnaies, notamment à des actifs majeurs tels que Tether, Bitcoin, Ripple, Ethereum, Solana et Litecoin. Les frais de Binance sont généralement compétitifs. Les frais de maker pour les transactions au comptant et sur marge sont basés sur le volume et varient généralement entre 0,1000 % et 0,0110 %, tandis que les frais de taker commencent à 0,1000 % et diminuent jusqu’à 0,0230 % pour les clients ayant atteint les niveaux VIP les plus élevés. Les modes de dépôt et de retrait en euros peuvent varier selon l’entité, la banque utilisée et les restrictions réglementaires en vigueur.
Binance propose également une application mobile dédiée pour iOS et Android, permettant de trader en déplacement.
KuCoin
Lancée en 2017 et basée aux Seychelles, KuCoin est une plateforme mondiale d’échange de cryptomonnaies. Elle déclare compter plus de 40 millions d’utilisateurs dans plus de 200 pays et territoires. En 2025, elle figure parmi les plateformes crypto ayant les volumes de trading quotidiens les plus élevés au monde, avec des transactions évaluées à 5,9 milliards de dollars par jour en août 2025. L’achat d’USDT sur KuCoin est relativement simple : les clients peuvent approvisionner leur compte dans plus de 60 devises fiduciaires, dont l’euro lorsque cette option est disponible, au moyen de cartes de crédit ou de débit. Les frais de conversion et les frais de carte doivent être vérifiés avant l’achat, car ils peuvent rendre une acquisition d’USDT plus coûteuse qu’un virement SEPA en EUR. Le trading au comptant, les contrats à terme et le trading sur marge sont disponibles, avec une large gamme de cryptomonnaies.
KuCoin met plusieurs mesures de sécurité à la disposition de ses clients. L’authentification à deux étapes fait partie des premières options que les utilisateurs peuvent activer, avec prise en charge par e-mail, téléphone ou Google Authenticator. Une option de restriction des IP de connexion déconnecte automatiquement l’utilisateur lorsque l’adresse IP de connexion change, et KuCoin propose également plusieurs fonctionnalités anti-hameçonnage. KuCoin indique être enregistrée dans certaines juridictions, notamment aux Seychelles, en Inde et aux îles Caïmans. Pour un client français, ces enregistrements ne doivent pas être assimilés à un enregistrement PSAN auprès de l’AMF ni à un agrément européen PSCA/CASP au titre de MiCA.
Kraken
Kraken fait partie des plus anciennes plateformes d’échange de cryptomonnaies, avec un volume de transactions de 561,9 milliards de dollars au troisième trimestre 2025. Elle a été créée en 2011, et sa sélection de plus de 560 cryptomonnaies comprend notamment Bitcoin, Dogecoin, Ethereum, Cardano et Tether, parmi d’autres actifs.
Sa structure tarifaire comprend des spreads et d’autres frais, et reste relativement basse par rapport à certaines plateformes concurrentes. Pour les utilisateurs de Kraken Pro qui négocient Tether sur marge, par exemple, les frais d’ouverture sont de 0,02 %, et les frais de rollover sont de 0,02 % toutes les 4 heures. L’effet de levier sur certaines paires impliquant Tether est limité à 1:2. Pour les clients particuliers en France et dans l’UE, l’accès à la marge, aux dérivés ou à certains services peut dépendre de l’entité utilisée et des règles européennes de protection des investisseurs.
Bybit
Bybit a enregistré un volume de trading quotidien de 35,6 milliards de dollars en novembre 2025. La plateforme prend en charge le trading au comptant et les dérivés sur plus de 2 350 cryptomonnaies et tokens cotés, avec un effet de levier au comptant pouvant atteindre 1:10. Ces niveaux ne sont pas nécessairement accessibles aux résidents français. Bybit propose également un bot de trading et une page de copy trading, mais les traders doivent noter que le copy trading comporte ses propres risques : les performances passées des traders copiés ne garantissent pas les résultats futurs, et les utilisateurs restent responsables des pertes éventuelles sur leurs comptes.
Point important pour la France : l’AMF a publié un avertissement concernant Bybit, indiquant que la plateforme n’était pas autorisée à fournir des services sur actifs numériques en France et l’a inscrite sur sa liste noire. Les résidents français doivent donc vérifier la situation actuelle sur le site de l’AMF et ne pas contourner d’éventuelles restrictions d’accès. Bybit propose un service client disponible 24 h/24, 7 j/7. Les utilisateurs peuvent obtenir des réponses à leurs questions via le chatbot de Bybit ou contacter un membre du support par e-mail ou chat en direct. Avant cela, les clients peuvent consulter le centre d’aide de la plateforme, organisé par catégorie et doté d’une barre de recherche.
PrimeXBT
PrimeXBT est une plateforme de trading créée en 2018 qui propose plus de 130 cryptomonnaies. Les clients peuvent acheter des cryptomonnaies par carte bancaire au moyen de devises fiduciaires, dont l’euro lorsque cette option est proposée. La gamme de produits de la plateforme comprend des contrats à terme sur cryptomonnaies, le trading au comptant et les CFD.
Pour un client basé en France, les CFD et autres produits à effet de levier doivent être abordés avec prudence : lorsqu’ils sont proposés par une entité régulée dans l’UE, ils sont soumis aux mesures ESMA, comme le levier limité, la protection contre le solde négatif et les règles de clôture sur marge. Une entité hors UE peut ne pas offrir le même niveau de protection. PrimeXBT affiche une note de 4,4 sur Trustpilot, les avis positifs citant notamment les frais bas, le support client et l’ergonomie de la plateforme. Cette note reflète des avis clients et ne remplace pas la vérification du statut réglementaire. La plateforme prend en charge le trading sur ordinateur et sur mobile, et son application mobile est disponible sur l’App Store et Google Play.
Quelques faits sur l’USDT
L’USDT est un stablecoin adossé à une monnaie fiduciaire, indexé à 1:1 sur le dollar américain (USD). Également connu sous le nom de Tether, l’USDT est devenu le premier stablecoin lorsqu’il a été lancé par Tether Limited Inc. en 2014, et il reste la cryptomonnaie de ce type la plus largement utilisée. Au moment de la rédaction, la capitalisation boursière du Tether dépasse les 183,40 milliards de dollars, ce qui le place en troisième position après le Bitcoin et l’Ethereum en termes de capitalisation boursière.
Pour un utilisateur en France, il est important de distinguer l’USDT d’un dépôt bancaire en euros : il ne bénéficie pas de la garantie des dépôts du FGDR et ne constitue pas une créance sur une banque française. Sa valeur en euros dépend à la fois de son ancrage au dollar et du taux de change EUR/USD. Depuis l’entrée en application de MiCA, les stablecoins proposés dans l’UE font également l’objet d’un cadre spécifique. En pratique, certaines plateformes peuvent limiter, retirer ou remplacer des paires en USDT pour les clients européens si elles estiment que le token ou son émetteur ne respecte pas leurs critères réglementaires.
La plupart des cryptomonnaies sont fortement volatiles en raison de leur nature décentralisée : leur valeur n’est pas fixée par une banque centrale. En tant que stablecoin, Tether n’est pas soumis à la volatilité typique des autres cryptomonnaies. Cette stabilité relative constitue l’une de ses principales caractéristiques distinctives par rapport à des cryptomonnaies comme le Bitcoin ou le Dogecoin.
L’ancrage d’un stablecoin n’est pas garanti, et des désindexations se sont déjà produites. Plusieurs stablecoins ont connu ce phénomène, y compris Tether, qui a subi une désindexation le 15 juin 2023 lorsque sa valeur est tombée à 0,995 USD, contre son niveau habituel proche de 0,999 USD. Cette baisse a duré moins d’une journée, mais elle a suscité des inquiétudes parmi les traders.
Tether est généralement plus résilient face aux fortes fluctuations, car son émetteur indique qu’il est adossé à des réserves publiées principalement libellées en dollars américains, composées notamment de liquidités, d’équivalents de liquidités et de titres de dette à court terme selon ses attestations. Tether a également honoré historiquement les demandes de rachat, ce qui a contribué à soutenir la confiance du marché dans le token. Ces attestations ne remplacent toutefois pas un audit financier complet.
Bien que cette publication se concentre sur les tokens indexés sur le dollar américain, Tether Limited a également proposé des tokens indexés sur l’euro (EURt), dont la disponibilité est plus limitée et susceptible d’évoluer avec le cadre MiCA. L’USDT est aussi souvent utilisé comme devise de base ou de cotation dans les paires de trading.
Courtiers crypto vs plateformes crypto
Le trading de cryptomonnaies avec un courtier en ligne régulé est une expérience familière pour les traders habitués au Forex. Le courtier agit comme intermédiaire entre le trader et le marché, généralement en proposant une exposition crypto via des dérivés tels que les contrats pour la différence (CFD). En France et dans l’UE, les CFD crypto proposés aux clients particuliers sont encadrés par les mesures d’intervention de l’ESMA, notamment un effet de levier généralement limité à 1:2 sur les crypto-actifs et une protection contre le solde négatif.
Toutefois, chez la plupart des courtiers, le Tether n’est pas listé parmi les CFD de cryptomonnaies disponibles, en raison de son statut de stablecoin. C’est la première grande différence entre les courtiers et les plateformes d’échange pour les traders intéressés par l’USDT.
Le trading d’USDT est généralement disponible uniquement via des plateformes d’échange. Si vous avez déjà négocié des cryptomonnaies auprès de courtiers et que vous connaissez leur fonctionnement, il peut falloir un certain temps pour s’adapter à l’environnement des plateformes d’échange. Voici les éléments à examiner avant d’ouvrir un compte sur une plateforme de trading de cryptomonnaies :
- Courbe d’apprentissage : les plateformes de trading sont généralement mieux adaptées aux traders déjà familiers avec l’univers crypto et disposant d’une expérience de trading, ce qui rend leur utilisation plus difficile pour les débutants que le trading avec un courtier.
- Surveillance réglementaire : en France, il faut distinguer un courtier régulé pour les produits financiers et une plateforme d’échange de crypto-actifs. Les courtiers CFD peuvent être autorisés dans l’Espace économique européen et opérer via le passeport européen, tandis que les plateformes crypto qui ciblent la France doivent être enregistrées comme PSAN ou autorisées comme PSCA/CASP selon le régime applicable. Les enregistrements aux Seychelles, aux îles Caïmans ou dans d’autres juridictions hors UE ne procurent pas automatiquement les protections prévues en France. Les clients doivent vérifier le statut réglementaire directement sur les registres de l’AMF/ACPR et consulter les listes noires de l’AMF.
- Structure des frais : la dernière différence concerne les coûts de trading. Les courtiers traditionnels appliquent plusieurs types de frais que les clients doivent suivre, notamment les frais overnight. Les plateformes d’échange sont généralement moins chères pour le trading au comptant, qui n’entraîne pas de frais overnight. Toutefois, les plateformes de trading de cryptomonnaies qui proposent des produits à effet de levier tels que les contrats à terme, les options et le trading sur marge facturent des frais de financement pour le maintien de positions à effet de levier pendant la nuit, de manière similaire aux courtiers traditionnels. Ces frais sont généralement appelés « taux de financement » ou « rollover ».
Pour approfondir la question des coûts, les courtiers génèrent généralement des revenus grâce au spread, qui correspond à la différence entre le prix d’achat et le prix de vente d’un actif. Ils peuvent également facturer une commission, c’est-à-dire des frais fixes par transaction. Le modèle de tarification choisi varie d’un courtier à l’autre.
Les positions à effet de levier détenues pendant la nuit entraînent généralement des frais de financement au jour le jour, également appelés swaps, qui sont essentiellement des frais d’intérêt. Lorsque ces services sont proposés à des clients particuliers par une entité européenne régulée, la protection contre le solde négatif limite normalement la perte au montant disponible sur le compte. Cette protection peut ne pas exister sur une plateforme offshore. Certains courtiers peuvent facturer des frais pour le dépôt ou le retrait de fonds de votre compte de trading, tandis que d’autres facturent des frais de maintenance de compte après une certaine période d’inactivité.
Les plateformes de trading, quant à elles, utilisent une structure tarifaire dite de « taker-maker ». Les frais de taker s’appliquent aux ordres qui s’exécutent immédiatement en « prenant » la liquidité existante dans le carnet d’ordres. À l’inverse, les frais de maker sont facturés, ou parfois remboursés, pour les ordres qui créent de la liquidité en restant plus longtemps dans le carnet d’ordres, comme les ordres à cours limité. Ce système incite les traders à fournir de la liquidité, ce qui peut soutenir l’efficacité globale du marché. Il est important d’examiner le barème des frais de tout courtier ou plateforme de trading avant d’ouvrir un compte, car les frais peuvent avoir un impact significatif sur les rendements globaux, en particulier pour les traders fréquents.
Comment savoir si les plateformes de trading USDT sont réglementées ?
Il y a deux endroits où un trader peut vérifier le statut réglementaire de la plateforme qu’il a choisie, le premier étant la plateforme elle-même. La première étape consiste à se rendre sur la page d’accueil de la plateforme d’échanges et à examiner son pied de page, car de nombreuses plateformes réglementées y indiquent leurs licences et leurs numéros de licence. Les informations réglementaires peuvent également apparaître sur une page dédiée à la réglementation, dans la section « à propos » du site ou dans la foire aux questions.
Pour un résident français, les informations à rechercher sont le nom exact de l’entité juridique, son pays d’établissement, le type d’autorisation détenu et le registre officiel correspondant. Les registres de l’AMF et de l’ACPR, ainsi que REGAFI pour les prestataires de services d’investissement, permettent de recouper ces informations. Le registre AMF des PSAN et les listes noires de l’AMF sont particulièrement utiles pour vérifier si une plateforme crypto est autorisée, enregistrée ou signalée comme non autorisée en France.
Cependant, il y a eu des cas où des plateformes, et même des courtiers, ont présenté de manière inexacte leur statut de licence, que ce soit en revendiquant une licence jamais obtenue ou en continuant à afficher une licence détenue auparavant mais non renouvelée et désormais inactive.
Par conséquent, si la plateforme semble avoir une licence, l’étape suivante consiste à vérifier directement auprès du régulateur. Les autorités de supervision tiennent généralement des registres publics accessibles aux consommateurs. Une recherche par numéro de licence ou par nom de société permet de déterminer si la plateforme est réellement autorisée par ce régulateur, ainsi que son statut actuel. À titre d’exemple, une plateforme peut afficher une licence obtenue à Dubaï ou aux Seychelles ; cela ne signifie pas automatiquement qu’elle est autorisée à commercialiser ses services auprès de clients français ni qu’elle applique les protections prévues par le droit français ou européen.
Manières d’échanger l’USDT en ligne
Les traders disposent de plusieurs moyens pour accéder aux cryptomonnaies, mais Tether constitue une exception notable en ce qui concerne les contrats pour la différence (CFD). Alors que les CFD sont courants dans d’autres classes d’actifs et sur d’autres cryptomonnaies, les courtiers traditionnels ne proposent généralement pas Tether comme produit CFD en raison de son statut de stablecoin. Les plateformes crypto offrent des alternatives, les principales étant le trading au comptant, les futures et le trading sur marge. Pour les résidents français, l’accès aux dérivés crypto, aux contrats perpétuels ou à la marge peut être plus restreint que ce qui est affiché sur les sites internationaux, notamment en raison des règles européennes et du statut réglementaire de l’entité utilisée.
Contrats à terme (futures)
Les futures sont souvent utilisés avec l’USDT comme devise de marge ou de règlement, par exemple pour négocier un contrat perpétuel BTC/USDT, plutôt que pour spéculer directement sur le prix de l’USDT. Un contrat à terme est un accord entre deux parties visant à effectuer une transaction à un prix déterminé à une date future, d’où le nom de cet instrument.
Les personnes qui détiennent déjà du Tether peuvent utiliser les contrats à terme pour couvrir des positions existantes, bien que les futures comportent leurs propres risques en raison de leur nature à effet de levier et spéculative. Pour un client particulier en France, les contrats perpétuels et autres dérivés crypto proposés par des plateformes non européennes peuvent se situer hors du cadre de protection habituel.
Chaque contrat à terme a une date d’expiration, c’est-à-dire l’échéance avant laquelle les deux parties doivent effectuer la transaction au prix convenu. Les plateformes permettent également aux clients de transférer un contrat vers un nouveau contrat ayant une échéance ultérieure. Si aucune de ces actions n’est effectuée et que le contrat arrive à expiration, le règlement automatique s’applique. Les contrats perpétuels sont un produit apparenté : il s’agit de contrats de type futures qui n’expirent pas.
Trading au comptant
Le trading au comptant est généralement considéré comme le point d’entrée le plus accessible pour les nouveaux traders crypto et consiste à acheter ou vendre une cryptomonnaie à son prix de marché actuel. La volatilité du marché crypto peut créer des mouvements de prix fréquents dont les traders de court terme peuvent tenter de tirer parti, mais ces mêmes mouvements comportent aussi un risque de pertes rapides.
Les paires de trading au comptant peuvent impliquer deux cryptomonnaies ou une seule cryptomonnaie achetée avec une monnaie fiduciaire. Pour un investisseur français, les paires en EUR évitent une conversion supplémentaire, tandis que les paires en USDT ajoutent une exposition au dollar américain. Contrairement aux CFD, les traders au comptant possèdent réellement les cryptomonnaies qu’ils achètent, mais l’effet de levier est soit indisponible, soit limité à des ratios nettement plus faibles que sur les produits dérivés. Tant que les jetons restent sur la plateforme, l’utilisateur supporte aussi un risque de conservation chez cette plateforme.
Trading sur marge
La caractéristique clé du trading sur marge est l’effet de levier. Lorsque l’on utilise l’effet de levier, on trade avec des fonds empruntés auprès de son courtier ou de sa plateforme d’échange, ce qui peut permettre de contrôler de grandes positions et d’amplifier à la fois les gains et les pertes potentiels. Pour trader sur marge, le trader doit déposer une garantie auprès de sa plateforme, appelée marge. Si la valeur de la position évolue défavorablement, la plateforme peut déclencher un appel de marge ou liquider automatiquement la position. Les niveaux de levier très élevés visibles sur certaines plateformes internationales ne sont pas nécessairement accessibles, ni adaptés, aux clients particuliers en France.
Trading d’options
Les options crypto offrent aux traders le droit, mais non l’obligation, d’acheter ou de vendre une cryptomonnaie spécifique à un prix prédéterminé à une date donnée ou avant celle-ci. Contrairement au trading au comptant, qui implique la propriété directe de l’actif numérique, les options sont des contrats dérivés qui permettent de spéculer sur les mouvements de prix ou de couvrir un portefeuille sans détenir les cryptomonnaies sous-jacentes.
Bien que les options offrent une exposition à effet de levier, avec des pertes limitées à la prime payée pour les acheteurs, elles comportent aussi des inconvénients tels que la dépréciation temporelle et la sensibilité à une volatilité plus élevée. Elles sont donc généralement plus adaptées aux traders expérimentés. Leur disponibilité pour les clients français dépend du statut réglementaire de la plateforme et du type d’instrument proposé.
Le trading d’USDT avec effet de levier
La principale manière d’accéder à l’effet de levier lors du trading de Tether est la marge. Comme indiqué plus haut, cela implique de déposer une garantie auprès de la plateforme en échange de tailles de position supérieures à ce que le trader pourrait financer autrement. Cette garantie est nécessaire pour maintenir la position ouverte, et elle détermine également le ratio de levier. Par exemple, une exigence de marge de 50 % correspond à un ratio de 1:2, tandis qu’une marge de 33 % implique un ratio de 1:3.
Les futurs traders d’USDT doivent garder à l’esprit que le trading avec effet de levier comporte des risques importants. L’effet de levier peut amplifier les gains par rapport au trading sans effet de levier, mais il amplifie aussi les pertes dans les mêmes proportions. En France et dans l’UE, un courtier CFD régulé doit appliquer la protection contre le solde négatif aux clients particuliers. En revanche, sur des plateformes d’échange ou des entités offshore, les règles peuvent différer et une liquidation rapide peut intervenir avant que le trader ait le temps d’ajuster sa position.
Qu’est-ce qui fait fluctuer les prix de l’USDT ?
Le Tether peut être affecté par une série de facteurs, le premier étant l’offre et la demande. Lorsque la demande d’USDT augmente, Tether Limited émet généralement des tokens supplémentaires, adossés à des réserves, afin d’y répondre et de préserver l’ancrage à 1:1 avec le dollar. Des déséquilibres temporaires entre l’offre et la demande peuvent néanmoins provoquer de brèves déviations par rapport à cet ancrage. Une cause fréquente de hausse de la demande d’USDT est la rotation des investisseurs depuis des cryptomonnaies plus volatiles vers un stablecoin.
Sachant que l’USDT est indexé sur le dollar américain, les facteurs qui influencent la valeur de l’USD sur les marchés des changes influencent également la valeur externe de l’USDT. Pour un investisseur français, cela signifie que la valeur d’un solde en USDT exprimée en euros peut varier même si l’ancrage à 1 USD reste stable. Le plus important de ces facteurs reste l’offre et la demande pour le dollar lui-même. Si la demande pour l’USD diminue face à d’autres devises, l’USDT reflétera généralement cette faiblesse au travers de son ancrage 1:1.
Une augmentation des biens et services exportés par les États-Unis peut soutenir l’USD, et en raison de l’indexation de l’USDT sur l’USD, le Tether tend à suivre ce mouvement. Les évolutions réglementaires peuvent également influencer la manière dont l’USD et l’USDT sont traités, notamment les lois liées à la fiscalité et les règles spécifiques aux cryptomonnaies. Dans l’Union européenne, les décisions liées à MiCA peuvent par exemple conduire certaines plateformes à limiter des paires en stablecoins, ce qui peut modifier la liquidité disponible pour les clients européens.
L’infrastructure blockchain sous-jacente et les frais de réseau associés peuvent indirectement affecter la valeur perçue et l’utilité de l’USDT. Des frais de transaction élevés ou une congestion du réseau sur certaines blockchains où l’USDT est émis peuvent réduire son attrait pour les transferts, ce qui pourrait influencer sa demande par rapport à d’autres stablecoins ou monnaies fiduciaires.
Enfin, le sentiment général du marché et les événements économiques ou géopolitiques majeurs à l’échelle mondiale peuvent également exercer une influence. Bien que Tether soit conçu pour assurer la stabilité, une panique généralisée sur le marché des cryptomonnaies, une remise en question de la qualité des réserves ou des chocs macroéconomiques importants pourraient déclencher d’importantes demandes de rachat ou une « fuite vers la qualité » vers d’autres actifs jugés plus sûrs, mettant à l’épreuve l’intégrité de son ancrage.
Les frais associés au trading de l’USDT
Les traders doivent tenir compte des différents coûts liés à l’utilisation d’une plateforme d’échange crypto avant de négocier le Tether. La première catégorie concerne les frais de dépôt, qui ne sont généralement pas facturés par la plateforme elle-même mais peuvent être imposés par la banque ou l’émetteur de la carte bancaire du client. Les plateformes peuvent toutefois facturer des frais de retrait. Pour un client français, il faut aussi vérifier les frais de conversion EUR/USDT, les frais de carte et les conditions des virements SEPA.
Les frais de transaction sont les coûts encourus lors de l’envoi ou de la réception de Tether, et ils varient selon le réseau blockchain utilisé. L’USDT est émis sur plusieurs réseaux, dont Ethereum, Tron, BNB Smart Chain, Solana, Algorand, Tezos, Cosmos, Polkadot et TON. Pour Tether, ces coûts sont généralement indiqués sous la forme de frais de réseau ou de « frais de gaz » selon la blockchain utilisée.
Ensuite, nous avons les frais de trading qui sont facturés chaque fois qu’une position est ouverte ou fermée. Ceux-ci sont séparés en frais de maker et de taker, en fonction du type d’opération :
- Frais des makers : les makers fournissent de la liquidité en plaçant des ordres à cours limité qui restent dans le carnet d’ordres au lieu d’être exécutés immédiatement. Comme ils contribuent à la liquidité, les frais des makers sont généralement inférieurs à ceux des takers.
- Frais des takers : les takers exécutent des ordres existants dans le carnet d’ordres et consomment ainsi de la liquidité. Comme ils retirent de la liquidité plutôt que d’en ajouter, leurs frais ont tendance à être plus élevés.
Une alternative au modèle maker-taker est le spread. Ce terme désigne l’écart entre le prix d’achat le plus élevé et le prix de vente le plus bas. Plus cet écart est large, plus le coût implicite de la transaction est élevé ; plus il est étroit, plus ce coût est faible.
Le trading avec effet de levier implique généralement des coûts liés au financement. Ceux-ci incluent les frais de financement overnight, également appelés taux de financement ou frais de rollover, qui s’appliquent lorsque des positions à effet de levier sont conservées au-delà de la fenêtre de règlement.
La dernière dépense à noter concerne les frais de liquidation. Certaines plateformes facturent ces frais lorsqu’une position sur marge est clôturée de force parce que le trader ne peut plus satisfaire à l’exigence de marge.
Pour le trading au comptant de Tether sur une plateforme d’échange, les frais de nuit (overnight) ne s’appliquent pas, car les plateformes ne facturent pas de financement overnight sur les positions au comptant.
Sur le plan fiscal, les particuliers fiscalement domiciliés en France doivent conserver l’historique des achats, ventes, conversions et frais. Les échanges crypto-crypto ne déclenchent généralement pas l’imposition immédiate, mais une conversion d’USDT en euros, un paiement en crypto-actifs ou une sortie vers une monnaie fiduciaire peut constituer une cession imposable selon le régime français des actifs numériques. Pour les particuliers non professionnels, les gains imposables sont généralement soumis au régime français des actifs numériques, souvent avec le prélèvement forfaitaire unique de 30 %, sauf option ou situation particulière. Les comptes ouverts auprès de plateformes situées hors de France peuvent aussi être soumis à une obligation déclarative annuelle. En cas de doute, il est préférable de vérifier les règles à jour sur impots.gouv.fr ou auprès d’un professionnel.
Avantages et inconvénients du trading de l’USDT
L’USDT peut être utilisé pour diversifier un portefeuille de trading, mais il est important de comprendre ses avantages et ses inconvénients potentiels avant d’engager du capital. Voici un résumé des avantages et des inconvénients de l’USDT en tant qu’actif de trading :
Avantages du trading de l’USDT
- Peut être émis sur plusieurs blockchains, ce qui facilite les transferts selon le réseau choisi.
- Disponible sur de nombreuses plateformes d’échange, sous réserve des restrictions applicables aux clients européens.
- Le marché crypto fonctionne 24 h/24, 7 j/7.
- Tether présente une volatilité limitée par rapport aux cryptomonnaies non stables grâce à son ancrage au dollar américain.
- Peut servir de devise de cotation ou de liquidité pour passer d’un actif crypto à un autre sans revenir systématiquement en euros.
- Liquidité élevée et large acceptation sur les plateformes de trading crypto.
Inconvénients du trading de l’USDT
- Rarement disponible comme produit négociable chez les courtiers traditionnels, et son accès dans l’UE peut varier avec MiCA.
- Sa faible volatilité le rend moins adapté au trading directionnel au comptant pour certains traders, tandis que sa valeur en euros dépend du taux EUR/USD.
- Les plateformes d’échange crypto, surtout hors UE, n’offrent pas toujours le même niveau de protection qu’un courtier régulé en France ou dans l’EEE.
- Les réserves d’USDT font l’objet d’attestations, mais pas d’un audit indépendant complet.
L’USDT est l’une des plus grandes cryptomonnaies par capitalisation boursière et il est pris en charge sur plusieurs blockchains. Son ampleur signifie également qu’il est disponible sur presque toutes les grandes plateformes d’échanges de cryptomonnaies en activité au moment de la rédaction, même si certaines plateformes européennes peuvent ajuster leur offre en fonction de MiCA.
Ensuite, les futurs traders d’USDT devraient garder à l’esprit que le marché crypto fonctionne 24 h/24, chaque jour de la semaine, ce qui offre une plus grande flexibilité horaire que des marchés comme le Forex.
Les traders doivent également se rappeler que l’USDT est un stablecoin indexé sur le dollar américain. Cet ancrage confère au Tether une stabilité relative, et le distingue des cryptomonnaies volatiles, ce qui le rend adapté à d’autres usages que le trading, comme les transferts internationaux ou la conservation temporaire de liquidités crypto. Il ne doit toutefois pas être confondu avec un dépôt bancaire garanti en euros.
L’un des principaux inconvénients de l’USDT est que moins de courtiers traditionnels le prennent en charge. Puisque l’USDT est un stablecoin, la plupart des courtiers ne le proposent pas au trading, sauf lorsqu’il apparaît comme devise de cotation dans une paire. Les traders sont donc généralement limités aux plateformes de trading cryptographiques, qui tendent à être moins coûteuses que les courtiers et n’imposent pas de frais de nuit sur les positions au comptant.
Un autre problème potentiel est l’attrait limité de l’USDT pour la spéculation au comptant. Les traders au comptant cherchent généralement à tirer parti des fluctuations fréquentes et parfois importantes des cryptomonnaies non stables. La volatilité du Tether est faible en comparaison, ce qui signifie que profiter des mouvements de prix au comptant exige un suivi attentif de petites déviations.
En général, la réglementation des plateformes d’échange crypto reste plus hétérogène que celle des courtiers traditionnels. Depuis MiCA, le cadre européen se renforce, mais les plateformes hors UE, les périodes transitoires et les différences entre entités juridiques peuvent créer des situations très différentes d’un utilisateur à l’autre. Les traders peuvent ainsi rencontrer des plateformes qui semblent attractives mais ne disposent pas d’une surveillance réglementaire solide, ou des plateformes agréées dans des juridictions qui ne couvrent pas le pays de résidence du trader.
L’USDT a également fait l’objet de problèmes de transparence. Tether Limited Inc. a historiquement été critiquée pour ses informations limitées sur la composition des réserves d’USDT. La transparence s’est améliorée ces dernières années grâce à des rapports d’attestation réguliers, mais les réserves n’ont pas fait l’objet d’un audit indépendant complet.

